Colloques & Conferences de l'Universite Lyon 2, Modernism and Unreadability / Modernisme et Illisibilite

Dire pour maldire

Noura Wedell

Temps: 2008-10-24  02:35  – 03:10
Dernière modification: 2008-07-07

Résumé


Dans ses derniers textes, l'ecriture de Samuel Beckett affleure a un minimalisme atonal, forme finale de la question, la derniere, celle de l'ecrit comme un "Comment dire," une repetition circulant autour de la recherche elementaire de "What is the word?" Il s'agit de la formulation la plus concrete de la revelation de l'ecrire que met en scene et derobe Krapp's last tape, "... clear to me at last that the dark I have always struggled to keep under is in reality my most..." Ce mot, que l'avance rapide de la cassette de Krapp ne nous permettra jamais d'entendre, c'est l'alie. Il faut comprendre l'alie, le sombre et le pire, comme une logique implacable, contre le sens, contre le lisible. On trouve dans "Worstward Ho" le deroulement de cette logique du pire "Say for be said. Missaid. From now say for missaid." Il s'agira d'une logique qui va a l'encontre du sens. Elle suivra une strategie litterale, dire ce qu'elle fait ("On. Say on.") ainsi qu'une logique de la descente, du pire, du sombre. "If life and death did not both present themselves to us, there would be no inscrutability. If there were only darkness, all would be clear. It is because there is not only darkness but also light that our situation becomes inexplicable." Afin de rendre les choses explicables, Beckett ira donc vers le veritablement sombre, contre toute lumiere. La recherche du mot et du comment dire prendra la forme de cette logique du pire, du dire pour maldire, et de la reduction contre la syntaxe, qui entrainera la langue dans un devenir minimal afin de toucher le plus simplement noir: "Nohow on. Said nohow on."